Quand je travaille depuis un café à Tbilissi ou depuis une terrasse face à l’océan à Bali, je manipule régulièrement des virements internationaux. Entre paiements clients et factures fournisseurs, j’ai rapidement compris que certains pays attirent l’attention des banques plus que d’autres. Cette vigilance accrue s’explique par l’existence de listes officielles identifiant les juridictions à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Depuis 2015, l’Union européenne maintient un classement précis basé sur les travaux du Groupe d’action financière, une organisation internationale fixant les normes en la matière. Cette classification impose des obligations renforcées aux établissements financiers et aux professionnels concernés, qui doivent renforcer leur contrôle des transactions impliquant ces territoires. La liste évolue régulièrement selon l’évolution des dispositifs nationaux de contrôle et des carences stratégiques identifiées.
Les critères de classification et le rôle des organisations internationales
La Commission européenne s’appuie sur plusieurs critères pour identifier les pays à risque dans sa lutte contre le blanchiment de capitaux. Le Groupe d’action financière, fondé en 1989 et basé à Paris, rassemble 40 membres qui établissent les normes internationales de référence. Cette organisation distingue deux niveaux d’alerte : une liste noire regroupant les juridictions à haut risque et une liste grise pour les territoires sous surveillance renforcée.
Depuis la directive de 2015, les autorités européennes utilisent ces travaux pour évaluer les carences stratégiques des régimes nationaux. L’analyse porte sur l’efficacité des mesures de vigilance, la transparence des institutions financières et la capacité des États à détecter les opérations suspectes. La procédure d’adoption reste rigoureuse : toute modification entre officiellement en vigueur un mois après son annonce, en l’absence d’objection du Parlement européen ou du Conseil de l’Union européenne.
Cette approche collaborative permet d’harmoniser les règles entre les différents pays membres. Les entreprises bénéficient ainsi de critères uniformes pour évaluer leurs relations d’affaires avec des clients établis dans ces territoires tiers. Je constate régulièrement l’impact de ces normes lorsque je transfère des fonds depuis l’étranger.
Le classement officiel des juridictions à haut risque
La liste mise à jour le 4 décembre 2025 recense 23 pays présentant des défaillances importantes. Voici les territoires concernés :
- Afghanistan, Algérie, Angola, Bolivie
- Îles Vierges britanniques, Cameroun, Côte d’Ivoire
- Haïti, Kenya, Laos, Liban
- Monaco, Myanmar, Namibie, Népal
- République démocratique du Congo, Soudan du Sud, Syrie
- Trinité-et-Tobago, Vanuatu, Venezuela, Vietnam, Yémen
Cette révision de décembre 2025 a marqué des changements significatifs. La Commission européenne a ajouté la Bolivie et les Îles Vierges britanniques tout en retirant six territoires : Afrique du Sud, Burkina Faso, Mali, Mozambique, Nigeria et Tanzanie. Cette évolution confirme que les États peuvent sortir du classement à haut risque en renforçant leurs dispositifs de contrôle.
Le GAFI maintient parallèlement sa propre classification avec quatre juridictions en liste noire : Corée du Nord, Iran, Myanmar et Afghanistan. Ces pays font l’objet de sanctions internationales particulièrement strictes. Le cadre juridique repose sur le Règlement délégué 2016/1675 du 14 juillet 2016, modifié pour la dernière fois par le Règlement délégué 2025/1184 du 10 juin 2025.
| Type de liste | Organisation | Nombre de pays |
|---|---|---|
| Liste noire | GAFI | 4 |
| Liste grise | GAFI | 20 |
| Liste officielle | Commission européenne | 23 |
Les obligations pour les professionnels et les nouvelles mesures européennes
Les banques et secteurs concernés dans l’Union européenne doivent appliquer des mesures de vigilance complémentaires pour toute relation impliquant ces juridictions. Cette diligence renforcée concerne l’identification des clients, la vérification de l’origine des fonds et le suivi continu des transactions. Les professionnels déclarants portent une attention particulière aux opérations en lien avec ces territoires.
La réforme européenne de mai 2024 a élargi le périmètre des secteurs concernés. Dès 2027, le luxe, les cryptomonnaies et d’autres activités devront respecter des règles strictes de vigilance à l’égard de leur clientèle. Les clubs de football disposeront d’un délai supplémentaire jusqu’en 2029 pour se conformer. Tous ces acteurs devront signaler toute activité suspecte à une cellule de renseignement financier.
Le texte limite également à 10000 euros les paiements en liquide au sein de l’Union européenne. Cette restriction vise à renforcer la traçabilité des flux financiers et à compliquer les tentatives de blanchiment. Pour ma part, cette mesure n’affecte guère mes transactions quotidiennes, essentiellement dématérialisées.
- Identification renforcée des clients et bénéficiaires effectifs
- Vérification approfondie de l’origine et de la destination des fonds
- Surveillance continue des transactions et signalement des opérations suspectes
Une autorité européenne de lutte contre le blanchiment basée à Francfort deviendra prochainement opérationnelle. Cette institution surveillera directement les acteurs les plus exposés aux risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. La douane française tient à jour un registre des pays listés depuis 2023, facilitant ainsi le travail des entreprises et des autorités dans leurs contrôles aux frontières.

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