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Découvrez les îles du Frioul et le château d’If au départ de Marseille

Bateaux colorés près d'un château de pierre face à la mer

Face à mon MacBook, je sirote mon café en préparant mon escapade du week-end. Besoin d’évasion après des semaines de code et de deadlines! Ce matin, j’ai décidé de m’offrir une parenthèse bleue à portée de clic – direction les îles du Frioul. Ces joyaux de calcaire blanc posés sur la grande bleue m’appellent depuis trop longtemps.

L’emblématique château d’If : entre histoire et légende

Quand on parle d’îles au large de la ville de Marseille, impossible d’ignorer cette silhouette imposante qui se détache à l’horizon. J’ai toujours été fasciné par le château d’If depuis ma première visite dans la cité phocéenne. Construit en 1516 sur ordre de François Ier comme forteresse défensive, ce monument s’est rapidement transformé en prison redoutée pour son isolement quasi parfait.

Ce qui me passionne le plus dans ce patrimoine maritime exceptionnel, c’est son aura littéraire. Alexandre Dumas a immortalisé ces lieux dans « Le Comte de Monte-Cristo », faisant du château une légende mondiale. Je me suis amusé à chercher le fameux trou dans le mur censé avoir permis l’évasion d’Edmond Dantès! D’ailleurs, chaque année en juin, près de 800 nageurs participent au « Défi Monte-Cristo », traversant à la nage depuis le château – un exploit que j’admire mais que je ne tenterai probablement jamais.

La forteresse a également hébergé des prisonniers bien réels – insurgés de 1848, communards de 1871 – avant d’ouvrir ses portes au public en 1890. Attention si vous prévoyez une visite: l’édifice est fermé le lundi, une information que j’aurais aimé connaître lors de ma première tentative!

Pomègues et Ratonneau : deux îles aux charmes complémentaires

Pomègues, l’île sauvage

J’ai découvert Pomègues lors d’une randonnée improvisée l’an dernier. Cette île de 2,5 km de long offre des paysages sauvages à couper le souffle. Sa côte incroyablement découpée révèle des points de vue spectaculaires sur la méditerranée. Le vent et les embruns ont sculpté la roche et la végétation, créant des formes parfois surréalistes qui feraient le bonheur de tout photographe nomade comme moi.

Le sentier balisé qui démarre au bout de la digue du Berry est mon parcours favori. Il s’achève à la batterie de Cavaux et m’a permis d’en apprendre davantage sur la géologie et l’écosystème insulaire grâce aux panneaux explicatifs. J’ai aussi découvert qu’une ferme aquacole biologique – la première en Europe! – élève ici bars et daurades royales dans un ancien port de quarantaine du XVIIe siècle.

Ratonneau, l’île habitée

Contrairement à sa voisine, Ratonneau présente un visage plus accessible et moins sauvage. Longue de 2,7 km, elle abrite le village de Port-Frioul où vivent environ 100 personnes toute l’année. J’y ai trouvé un petit port de plaisance de 700 anneaux, quelques commerces et restaurants qui m’ont permis de reprendre des forces entre deux sessions de travail en plein air – mon ordinateur et la mer font décidément bon ménage!

Pour rejoindre la plage Saint-Estève – la seule véritable plage du Frioul – j’ai marché environ 30 minutes depuis le débarcadère. Ses eaux turquoise valent largement l’effort! En été, elle est surveillée et équipée de tout le nécessaire: douches, sanitaires et même une buvette pour les travailleurs assoiffés comme moi. J’ai adoré visiter le sentier sous-marin balisé qui permet d’observer la faune et la flore marines en snorkeling – une expérience que je recommande à tous les amateurs d’exploration aquatique.

Trois personnes en combinaison de plongée sous l'eau, masques et tuba

Un patrimoine historique et militaire remarquable

L’histoire des îles du Frioul me passionne autant que leur beauté naturelle. Le nom même de l’archipel viendrait du latin « Fretum Julii » (détroit de Jules), en référence à Jules César dont la flotte jeta l’ancre dans ces eaux au Ier siècle avant notre ère. En cherchant ces terres, j’ai ressenti cette connexion avec des siècles d’histoire maritime méditerranéenne fascinante.

Pendant mes balades, j’ai découvert comment cet archipel a joué un rôle stratégique crucial pour Marseille. Au XVIème siècle, les îles servaient d’avant-poste défensif contre les invasions. Plus tard, pendant deux siècles, elles ont assumé une fonction sanitaire vitale en isolant les navires susceptibles d’apporter des maladies contagieuses comme la peste ou le choléra.

L’une de mes découvertes préférées reste l’Hôpital Caroline, ce lazaret du XIXe siècle conçu par Michel-Robert Penchaud. Sa silhouette presque grecque surplombant la mer raconte à elle seule l’histoire des quarantaines et des épidémies. Non loin se trouve la Maison des Pilotes, ce bâtiment en forme de proue que j’ai photographié sous tous les angles – il sert aujourd’hui de résidence aux pilotes du Grand Port Maritime de Marseille, tout comme les Baléares offrent une escapade insulaire méditerranéenne inoubliable.

Bâtiment blanc classique sur falaise rocheuse face à la mer turquoise

Une biodiversité exceptionnelle entre terre et mer

Flore rare et adaptée

Étant passionné de photographie, la flore du Frioul m’a offert des sujets incroyables. Dans ce climat aride – l’un des plus secs de France – j’ai découvert près de 350 espèces végétales dont 20 protégées. Certaines sont « xérophytes » (adaptées à la sécheresse) ou « halophytes » (résistantes au sel), comme l’astragale de Marseille qui forme des coussins épineux, ou le lys des sables dont la beauté fragile m’a captivé.

La période entre avril et juin est selon moi idéale pour observer cette flore unique. Les roches se parent alors de teintes roses, jaunes et mauves qui contrastent magnifiquement avec le bleu intense de la mer. J’ai appris que certaines espèces comme la fumeterre de Munby ne se trouvent nulle part ailleurs dans le Parc national des Calanques – une exclusivité que j’ai documentée avec soin.

Faune terrestre et monde sous-marin

Les oiseaux marins règnent en maîtres sur l’archipel du Frioul. Pendant mes expéditions, j’ai observé des goélands leucophées (les fameux « gabians » des Marseillais), des puffins cendrés et des océanites tempêtes. La présence du faucon pèlerin m’a particulièrement impressionné – apercevoir ce rapace en plein vol reste un moment privilégié.

  • Le phyllodactyle d’Europe, petit gecko nocturne rare
  • Le monticole bleu, oiseau au plumage caractéristique
  • La chevêche d’Athéna, minuscule chouette protégée
  • L’hippocampe moucheté, joyau des herbiers marins

Sous l’eau, j’ai analysé un environnement aquatique d’une richesse stupéfiante. Équipé d’un simple masque et tuba, j’ai pu observer mérous bruns, girelles et sars communs évoluant parmi les posidonies. Le sentier sous-marin de Saint-Estève, avec ses cinq bouées explicatives, m’a permis de m’improviser biologiste marin le temps d’une baignade.

Informations pratiques pour une visite réussie

Transport et accès

Pour rejoindre ce petit paradis, rien de plus simple: les navettes maritimes partent régulièrement du Vieux-Port de Marseille. J’ai pris l’habitude de vérifier les horaires en ligne, car ils varient selon la saison et les conditions météorologiques maritimes. En été, la fréquence augmente et des départs sont même proposés en soirée – parfait pour admirer le coucher de soleil sur la rade!

  1. Prendre le ferry au Vieux-Port (durée: environ 20-30 minutes)
  2. Vérifier les derniers départs pour le retour (surtout hors saison)
  3. Prévoir de bonnes chaussures pour étudier les sentiers rocailleux
  4. Emporter suffisamment d’eau, surtout en été

Pour me déplacer sur place, j’ai principalement utilisé mes jambes! Sur Ratonneau, un petit train circule en été pour rejoindre la plage Saint-Estève, option pratique quand on transporte du matériel. Sachez que la pratique du vélo est restreinte au village et à la route menant à l’hôpital Caroline – information que j’aurais aimé connaître avant d’emporter mon fidèle compagnon à deux roues!

La nature fragile de ces îles impose quelques règles que je respecte scrupuleusement: rester sur les sentiers balisés, ne pas cueillir les plantes (surtout le précieux lys des sables), et bien sûr rapporter tous mes déchets. L’archipel du Frioul représente pour moi un paradis méditerranéen comparable aux îles Ioniennes, mais plus accessible depuis la France – une échappée belle que je m’offre dès que mon agenda de digital nomad me le permet.